La fabrication de la porcelaine à Limoges

 

La pâte de porcelaine est composée de 50 % de kaolin, 25 % de quartz et de feldspath. Ces matières sont délayées dans de l’eau, en formant une pâte plus ou moins liquide. Ici, la pâte est liquide, car utilisée pour le coulage.

 

La première phase de fabrication d’une pièce de porcelaine est la création de son modèle. Le modeleur réalise l’objet sous forme d’un volume de plâtre à l’échelle « taille crue », soit 14 % plus grand que la taille réelle de la pièce finie ; en effet, il faut anticiper le retrait que prendra la pièce à la cuisson. Le modèle donnera naissance au moule. Le premier moule permet de réaliser les mères de moules, ou matrices. C’est de celles-ci que seront tirés les moules de production. Ces derniers, qui permettent la réalisation des pièces de porcelaine en série, sont fabriqués en plâtre.

Lorsqu’il s’agit de réaliser des pièces creuses, on utilise le procédé du coulage. La pâte liquide est versée dans les moules et ainsi la porosité du plâtre absorbe l’eau contenue dans la pâte et fixe celle-ci contre les parois du moule. Après un temps de prise précis, proportionnel à la dimension de la pièce, l’excédent de barbotine est rejeté. Les pièces sont alors démoulées.

Viennent ensuite, les étapes suivantes : le garnissage, il consiste à assembler, avec de la barbotine additionnée d’un liant, les garnitures telles que les becs et les anses sur le corps des objets, mais aussi à percer les trous sur les becs des théières et cafetières ; le séchage, qui s’effectue après le démoulage et qui varie de 12 à 24 heures en fonction de leur taille ; et la finition qui permet d’ôter les coutures provoquées par la division du moule en plusieurs parties et d’effacer toute autre imperfection.

 

 

Après toutes ces étapes, les pièces vont subir 2 cuissons. La première s’effectue à 980°C dans des fours. Cette cuisson, dite de dégourdi, durcit les pièces, les déshydrate et les rend poreuses afin que l’émail puisse ensuite se fixer en surface. Deux possibilités sont offertes, soit on laisse la pièce sans émail, et elle aura un aspect brut et mat, soit on l’émaille, et elle aura un aspect lisse et brillant.

À l’ouverture du four, on dispose de pièces cassantes et poreuses. Les pièces choisies sont trempées à la main dans un bain d’émail. Les objets non émaillés sont appelés biscuits. L’émail se compose des mêmes ingrédients que ceux de la pâte de porcelaine mais dans des proportions différentes. L’émaillage est une gestuelle très élaborée qui permet de déposer sur la surface de la pièce une épaisseur aussi constante que possible.

 

Ensuite, les pièces subissent une deuxième cuisson dite de grand feu, à 1400°C durant 24 heures. Le but de cette cuisson est de vitrifier la pâte et l’émail de façon à développer la blancheur, la translucidité, la brillance, la sonorité et la solidité de la porcelaine. C’est durant cette cuisson que la pièce prend son retrait de 14 % et atteint sa taille définitive.

 

Enfin, la dernière étape est le choisissage. Elle permet de vérifier toutes les pièces de la production une à une et de les choisir en fonction de leur niveau de qualité. En dépit de nombreux contrôles intermédiaires préalables, plus de 25 % de la production est écartée lors du choisissage. Les défauts les plus courants sont les taches, les marques d’émail, les déformations et les fentes. Certains défauts peuvent être réparés.

Création d'un moule et de sa matrice

Coulage des pièces

La phase finition consiste à enlever les coutures

Emaillage des pièces

Cuisson des pièces